
Bienvenue à l’artiste Nicolas Goletto
juin 25, 2025 @ 11:00 am - juin 29, 2025 @ 7:00 pm

Durant la semaine de la Design Parade à Hyères, LM Studio accueille l’artiste Nicolas Goletto pour une exposition solo
Revue(s) et corrigée(s)
Des chaises.
Elles ont marqué l’histoire du design et ont une valeur patrimoniale. Elles figurent dans les collections des plus grands musées internationaux.
Des pièces, toutes trouvées dans la rue, à Paris ou plus surprenant encore sur une île, celle de Porquerolles.
Souvent en mauvais état, ignorées des passants, elles sont précieuses au point d’être archivées et mises en avant par Nicolas Goletto qui met en résonance le passé et le présent. Revues, elles sont rendues à leur fonction initiale, celle de chaise mais leurs faiblesses, leurs défauts ; ce qui a provoqué leur rejet est mis en valeur. Il ne se contente pas de les restaurer, il les contraint par des actes choisis. Corrigées, elles révèlent leurs cicatrices.
Exposées, elles témoignent. De la grande histoire, celle de leur design, connu et reconnu. Et de ces vies ordinaires, multiples, quotidiennes et pratiques, qu’elles ont traversées.
Un échange, une intention immuable. Attester pour ne pas oublier.

INFORMATION INSTAGRAM Nicolas Goletto
extrait:
Nicolas Goletto, l’art de la deuxième vie
Des causes perdues. Quand il monte sur son vélo et qu’il arpente les rues de Paris ou d’Hyères, Nicolas Goletto se met en quête d’objets abandonnés. Jetés dans la rue par leur propriétaire car cassés ou abîmés. Avec son oeil avisé, il repère des perles rares même si à première vue cela peut apparaître comme désespéré. Cela donne le nom de son exposition « Causes perdues et autres soleils », présentée dans le cadre du Off de la Design Parade, à Hyères. « Je restaure, mais je mets en valeur l’histoire de l’objet. Je garde ses stigmates» , résume-t-il. Ainsi, plutôt que de cacher les traces de colle, il les souligne avec de la feuille d’or ou de la peinture dorée. Que ce soit pour des céramiques, du mobilier et même des vêtements. Il lui arrive aussi de tomber sur de vrais chefs-d’oeuvre. Comme cette gravure de Marie-Laure de Noailles, retrouvée à Paris qu’il a restaurée avec l’aide de l’Affiche française à Toulon. Ou encore une sculpture dans le style art déco de Chiparus trouvée, là encore, dans la rue. «Elleest faite de bronze et d’ivoire. Mais je l’ai trouvée sans tête ni mains. Avec, il y avait un sac avec des colliers et bagues art/déco. J’ai utilisé cette matière pour lui redonner vie », dissèque l’artiste.
« Rendre visible l’invisible »
Une fois son travail terminé, il expose ses oeuvres dans la rue. Comme ses tabourets qu’il suspend. Il pose alors sa caméra pour observer les réactions. « Suspendus dans la rue, ils sont enfin visibles, leurs cicatrices frappantes. La démarche est de rendre visible l’invisible », confesse-t-il.
FABRICE MICHELIER